Protections d’appariement
Les protections d’appariement empêchent certain·es joueur·euses, ou certaines équipes dans un tournoi par équipes, de se rencontrer : membres d’un même club, d’une même fédération, d’une même affiliation, ou de tout groupe que vous constituez vous-même. Elles sont une option des systèmes suisses, individuels et par équipes.
Configuration
Cliquez sur Protections dans l’écran des appariements. Le badge du bouton indique le nombre de groupes appliqués à la ronde.
- Éviter d’apparier par construit les groupes automatiquement : tous les joueur·euses (ou toutes les équipes) qui partagent l’attribut choisi, par exemple le même club, forment un groupe. La Contrainte à côté s’applique à tous ces groupes ; Aucune les désactive (les groupes sont néanmoins conservés pour être éventuellement réactivés ultérieurement).
- Les groupes manuels vous permettent d’ajouter vos propres groupes, par exemple les membres d’une même famille. Chaque groupe manuel a sa propre contrainte.
La contrainte est Stricte, Souple : relâchée depuis le bas du classement ou Souple : évitée autant que les règles d’appariement le permettent (voir ci-dessous).
Une fois une ronde appariée, les groupes utilisés pour apparier la ronde sont figés : la fenêtre affiche les groupes utilisés pour cette ronde, et un changement de réglage ne concerne que les rondes restant à apparier.
Contraintes
Une contrainte stricte est toujours respectée. Si la ronde ne peut pas être appariée sans l’enfreindre, Sharly Chess refuse d’apparier la ronde et vous l’indique.
Une contrainte souple est respectée autant que possible. Les deux contraintes souples diffèrent par ce qui cède lorsqu’elle ne peut pas l’être :
| Contrainte | Ce qui cède |
|---|---|
| Souple : relâchée depuis le bas du classement | les premier·ères du classement restent toujours séparé·es ; lorsque ce n’est pas possible pour tout le monde, les moins bien classé·es sont les premier·ères à pouvoir rencontrer un membre de leur groupe. La séparation des premier·ères passe avant les groupes de points, les couleurs et les flotteurs. |
| Souple : évitée autant que les règles d’appariement le permettent | les membres d’un même groupe ne restent séparé·es que si aucun critère du système suisse (couleurs, flotteurs…) n’en pâtit ; sinon, ils·elles se rencontrent, quel que soit leur classement. |
Les groupes d’une ronde peuvent mêler les trois contraintes.
Souple : relâchée depuis le bas du classement
Lorsque l’appariement est impossible avec toutes ces contraintes, certaines sont levées, juste ce qu’il faut pour que la ronde puisse être appariée, selon un principe simple : une rencontre inévitable revient aux moins bien classé·es, jamais aux premier·ères du classement.
Comment les contraintes sont levées
Avant chaque ronde, Sharly Chess consulte le classement à l’entrée de la ronde, départages compris. À la première ronde, personne n’ayant encore joué, ce classement est simplement l’ordre initial.
Il choisit ensuite un seuil N et protège les joueur·euses (ou équipes) classé·es de la 1re à la Ne place :
| Paire issue d’un même groupe | Autorisée ? |
|---|---|
| les deux membres classés dans les N premiers | non |
| un membre dans les N premiers, l’autre en dessous | non |
| les deux membres classés en dessous de N | oui |
Un·e joueur·euse protégé·e conserve toutes ses séparations, y compris face aux joueur·euses libéré·es. Être libéré·e ne permet pas de rencontrer n’importe quel membre de son groupe : seulement un·e autre libéré·e de son groupe. Une rencontre interne au groupe ne peut donc avoir lieu qu’entre deux membres du bas du classement, jamais entre un·e premier·ère du classement et un·e joueur·euse plus faible du même club.
Sharly Chess retient le plus grand N pour lequel la ronde peut encore être appariée, afin de libérer le moins de joueur·euses possible. Si toutes les contraintes souples peuvent être respectées, personne n’est libéré.
Le seuil est recalculé à chaque ronde, à partir du classement du moment. Un·e joueur·euse libéré·e à une ronde peut être protégé·e à la suivante après un bon résultat, et inversement.
Une fois la ronde appariée, la fenêtre Protections liste les joueur·euses (ou équipes) libéré·es de leurs contraintes souples pour cette ronde.
Effet sur l’appariement
Les contraintes maintenues sont transmises au moteur d’appariement comme des interdictions strictes, avant qu’il n’applique les critères habituels du système suisse. La séparation des joueur·euses protégé·es passe donc avant le maintien de chacun·e dans son groupe de points : un·e joueur·euse peut rencontrer un·e adversaire d’un groupe de points inférieur parce que tous les autres membres de son groupe de points sont des membres protégé·es de son club.
Le moteur applique ensuite les critères FIDE sans modification parmi les appariements encore possibles : écarts de points, couleurs, et départage habituel entre appariements équivalents.
Un exemple détaillé
Un système suisse par équipes en trois rondes réunit dix équipes. Six d’entre elles, A1 à A6, viennent du même club A ; deux, B1 et B2, du club B ; C et D de deux autres clubs. Le club A et le club B forment chacun un groupe relâché depuis le bas du classement.
Ronde 1. Six équipes du club A et seulement quatre équipes d’autres clubs : au moins un match entre deux équipes du club A est inévitable. Protéger tout le monde est impossible, et protéger tout le monde sauf A6, l’équipe la moins bien classée, l’est aussi (A6 ne pourrait rencontrer qu’une équipe A protégée). Le plus grand seuil possible libère les deux équipes A les moins bien classées, A5 et A6, qui se rencontrent ; toutes les autres équipes A affrontent une équipe d’un autre club.
Ronde 2. Le classement à l’entrée de la ronde est le suivant :
| Place | Équipe | Points |
|---|---|---|
| 1 | A2 | 3 |
| 2 | A1 | 3 |
| 3 | A3 | 3 |
| 4 | B1 | 3 |
| 5 | A6 | 2 |
| 6 | A5 | 2 |
| 7 | D | 1 |
| 8 | A4 | 1 |
| 9 | C | 1 |
| 10 | B2 | 1 |
- Protéger les 6 premières laisserait cinq équipes du club A (A2, A1, A3, A6, A5) pour seulement quatre adversaires extérieurs : impossible.
- Protéger les 5 premières fonctionne : A2, A1, A3 et A6 rencontrent chacune une équipe d’un autre club, et B1 reste séparée de B2.
- A5 et A4 sont libérées. A4–A5 est le seul match interne au club A autorisé, et l’appariement l’utilise.
A6 a fait match nul à la ronde 1 et remonte à la 5e place, dans le seuil ; A4 a perdu et descend à la 8e place, hors du seuil. C’est pourquoi A4 rencontre A5 plutôt qu’A6, bien qu’A4 ait un meilleur classement initial.
Le groupe de tête (A1, B1, A2, A3) montre l’effet sur l’appariement : il compte trois équipes protégées du club A et une seule équipe extérieure, si bien qu’une seule d’entre elles peut jouer B1. Les deux autres rencontrent des équipes du groupe de points inférieur : on obtient B1–A3, B2–A1 et C–A2.
Souple : évitée autant que les règles d’appariement le permettent
Cette contrainte est le critère de plus faible priorité du moteur d’appariement. Le moteur applique d’abord tous les critères FIDE : groupes de points, flotteurs et couleurs. Ce n’est que parmi les appariements que ces critères jugent équivalents qu’il retient celui qui compte le moins de paires d’un même groupe, avant l’ordre dans lequel les règles les essaieraient sinon.
Séparer un groupe ne dégrade donc jamais l’appariement sur aucun critère : si le seul moyen d’éviter un match entre membres d’un même club prive un·e joueur·euse de la couleur qui lui revient, ou fait flotter plus de joueur·euses, le match a lieu. Le classement n’intervient pas non plus : une rencontre inévitable peut concerner les premier·ères du classement comme les moins bien classé·es. Personne n’est libéré·e, et la fenêtre Protections ne liste personne une fois la ronde appariée.
Par exemple, six équipes jouent la première ronde d’un système suisse : A1, A2 et A3 du club A, B1 et B2 du club B, et C1, classées A1, A2, B1, C1, A3, B2. L’appariement standard serait A1–C1, A2–A3 et B1–B2. Personne n’ayant encore joué, les règles jugent équivalents les appariements de la moitié haute contre la moitié basse, si bien que la contrainte retient A1–C1, A2–B2 et B1–A3 : aucun match entre membres d’un même club.
Dans l’export TRF, ces groupes sont écrits sous forme d’enregistrements SCS, une extension lue par le moteur d’appariement de Sharly Chess. Les autres logiciels, et les vérificateurs d’appariements FIDE, les ignorent : ils peuvent signaler comme un écart une ronde où la contrainte a changé l’appariement.
Si vous préférez un autre appariement autorisé par le règlement, vous pouvez toujours modifier la ronde à la main : voir Gérer les appariements.